1 expo + 1 look : Mémoires vives, Une histoire de l’Art Aborigène

Bonjour ! Voici la version Française de mon dernier article 🙂

Donc il y a un peu plus d’une semaine j’ai fait un tour à Bordeaux (ma chère ville natale) pour les vacances. Ceux qui me suivent sur instagram et facebook ont vu quelques photos de mon périple dans les Pyrénées.

J’ai donc fait un petit arrêt par Bordeaux pour visiter l’expo temporaire au Musée d’Aquitaine sur l’art Aborigène. J’ai déjà mentionné dans mon article sur le Musée du Quai Branly que j’avais envie d’en savoir plus sur cet art (si vous ne l’avez pas lu il est là).

L’EXPOSITION

Mémoire vives, une histoire de l'art aborigène

L’exposition se présente comme une introduction a l’histoire de l’Art Aborigène Australien dans sa relation à l’ancien et au moderne. Le parcours confronte objets traditionnels et oeuvres contemporaines pour comprendre les transformations de cette tradition vieille de plus de 40 000 ans, aujourd’hui parmi les mouvements d’art contemporain les plus dynamiques d’Australie.

(…) La question d’authenticité des oeuvres créées depuis l’irruption coloniale travers l’ensemble de la création aborigène et tend à montrer que l’ancien et le moderne ont toujours été deux forces simultanément actives dans leur créations. Les influences interculturelles variées jouent également un rôle clé dans la construction de ces nouvelles formes artistiques mondialisées.

Voici un extrait de l’introduction de l’exposition, j’étais de suite profondément intéressée par ce sujet de parallèle entre l’histoire de l’art, la culture matérielle et l’art contemporain. Allons voir de plus près…

La première pièce qui m’a “estomaquée” (mot plus utilisé depuis les années 70 au moins !) est celle-ci :

Sylvia Kanytjupai Ken, Seven Sisters, 2012, acrylic on canvas

Sylvia Kanytjupai Ken, Seven Sisters, 2012, acrylic on canvas

J’ai trouvé que c’était un risque de démarrer avec celle-là, elle est tellement forte ! Cela me fait me demander, mais qu’y a-t-il après ? L’autre aspect intéressant est la façon dont elle est exposée.

Mémoire vives, une histoire de l'art aborigène

Le miroir est toujours un bon moyen de découvrir une oeuvre et de repérer ses moindres détails.

J’ai appris tellement à cette expo, avant je ne comprenais pas ce que représentaient les peintures Aborigènes. En fait c’est le sol mais représenté avec des légendes, des histoires et beaucoup de traditions de leurs croyances.

Un peu plus d’infos sur ce tableau :

Le mythe des Sept Soeurs évoque l’histoire de la création des constellations des Pléiades et d’Orion, à travers un parcours ancestral qui se déroule à la fois sur terre et dans le ciel. Nyiru, un être mythique (représenté par Orion), pourchasse sept soeurs (associées à la constellation des Pléiades) et tente de se marier avec l’aînée. Une poursuite s’amorce entre ciel et terre, où les jeunes filles tentent d’échapper à ses assauts, en se réfugiant dans la Voie Lactée, pour former la constellation des Pléiades. Le paysage est perçu simultanément de dessus et de dessous montrant une fusion de la terre et du ciel.

Dans la culture Aborigène chaque élément céleste possède son équivalent terrestre. Ici le ciel et la terre sont entremêlés, ils n’ont pas de limites.

Mémoire vives, une histoire de l'art aborigène

Un autre thème abordé dans une autre salle est La Culture Matérielle. “Kézako ? C’est un truc nouveau à la mode ?”. Non en fait c’est même très vieux et le terme est générique. C’est-à-dire qu’il est utilisé pour toutes les cultures. Il y a la Culture Matérielle pour les Aborigènes mais aussi pour la France, l’Allemagne, les États-Unis.

En fait c’est l’étude des objets et leurs usages dans une culture. Par exemple en France on peut trouver des recherches sur l’histoire de la fourchette, ou l’histoire du parfum. Cela semble marrant et pas vraiment important mais de telles recherches vous permettent de comprendre comment les gens vivaient à une époque donnée. Vous pouvez aussi croiser les données avec d’autres recherches, par exemple : “pourquoi y-a-t-il eu tant de morts à cette époque dans cette région ?”. Les chercheurs vont regarder de quelle manière les gens ont vécu, s’ils utilisaient de l’eau, se lavaient les mains, mangeaient sainement, etc. Si cela vous intéresse je peux faire un article sur ce sujet mettez le moi dans les commentaires. 

Retour à l’expo ! Dans cette salle vous avez une sélection d’objets qui ont été utilisé dans les cérémonies par différentes tribus. Aujourd’hui il est difficile de définir le sens de ces illustrations mais apparemment ce serait lié aux croyances, aux totems, à leurs ancêtres et aux sites géographiques symboliques.

Mémoire vives, une histoire de l'art aborigène

Mémoire vives, une histoire de l'art aborigène

Mémoire vives, une histoire de l'art aborigène

Après avoir découvert la représentation des peintures (et leurs diversité) et aussi les dessin traditionnels, les objets, etc. L’exposition donne les clés pour comprendre la suite.

La seconde partie de l’expo prend un tournant. Le visiteur comprend la thématique l’expo peut donc plonger plus en profondeur dans l’histoire de l’art Aborigène et de sa signification pour les peuples.

Mémoire vives, une histoire de l'art aborigène

Dessiner était le seul moyen de témoigner de ce qu’il se déroulait. Ci-dessus ce sont des dessins de Tommy McRae né autour de 1830, il fut dépossédé de ses terres par les colons en 1880. C’est un des premiers regards sur la colonisation depuis un point de vue aborigène.

L’Art était un moyen de sauvegarder les traditions et les croyances, comme l’a fait l’artiste Albert Namatjira.

Mémoire vives, une histoire de l'art aborigène

Albert Namatjira était un aquarelliste, considéré comme le peintre le plus connu de son temps. Son style non-traditionnel en fit un symbole d’acculturation. Cependant à la fin de sa vie il révéla quelque chose : la plupart des paysages qu’il peignit dans un “style Européen” étaient en fait des reproductions figuratives de lieux sacrés. En peignant il remplissait en fait ses obligations religieuses.

Mémoire vives, une histoire de l'art aborigène

Maintenant entrons dans la troisième partie de l’exposition. Intitulée : “Formes” elle définit que ce thème démontre le plus la fusion du nouveau et de l’ancien.

Les trois signes classiques de l’art aborigène, cercles concentriques, hachures croisées et motifs zig-zag, sont ici déclinés dans leurs formes anciennes et modernes. Chacune exprime la possibilité d’un ancrage éminemment local (chaque signe est un lieu) mais connecté au monde (les signes circulent dans le temps et l’espace).

Turkey Tolson Tjupurrula, Straightening Spears, 1996

Turkey Tolson Tjupurrula, Straightening Spears, 1996

Cette oeuvre est montrée avec l’objet traditionnel qu’elle représente. Dans la culture aborigène certains objets sont peint, des paysages y sont dessinés, d’autres sont considérés comme étant partie intégrante d’un paysage. “L’objet devient le paysage”. De la même manière que l’oeuvre située au début de l’exposition, le ciel et la terre sans limites, ici l’objet devient une figuration abstraite “venant d’une fusion entre l’objet et le paysage.

Mémoire vives, une histoire de l'art aborigène

La dernière partie de l’exposition est dédiée à l’art contemporain et je suis honnête c’est probablement ma partie préférée. Cependant si je suis COMPLETEMENT honnête, si j’ai été autant capable d’apprécier cette dernière partie c’est seulement grâce au chemin parcouru avant. Tout ce que j’ai appris m’a permis de comprendre et de pleinement recevoir les informations, le message, les émotions et tout ce qui est montré dans ces oeuvres.

Paddy Bedford, Jack Flood, 2002

Paddy Bedford, Jack Flood, 2002

C’est probablement l’oeuvre qui m’a le plus frappé. C’est tellement puissant et plein d’émotions. Je sais que c’est difficile de le ressentir en face d’un écran mais j’ai vraiment été émue par cette oeuvre. L’artiste Paddy Bedford a commencé à peindre à 75 ans, en 2000 il a démarré une série de peintures dédiées au massacre de Bedford Downs survenu au début des années 1920, et durant lequel il a perdu plusieurs membres de sa famille.

Mémoire vives, une histoire de l'art aborigène

Mémoire vives, une histoire de l'art aborigène

Mémoire vives, une histoire de l'art aborigène

Ces trois images font parties d’un projet : The Phone Booth Project (Le projet Cabine Téléphonique), by Lilly Hebberd and Curtis Taylor, 2012. Composé de 3 écrans vidéos, le projet montre l’utilisation d’une cabine téléphonique dans les communautés reculées dans le désert. C’est assez intéressant de regarder ses videos et d’essayer de comprendre l’importance de ce téléphone pour ces communautés. Cela nous fait nous questionner sur notre propre usage et notre dépendance aux téléphones et même à tous les autres moyens de communication.

Mon tour de l’exposition est terminé, merci de m’avoir accompagné. J’ai beaucoup apprécié cette expo, elle est très bien faite, j’étais tellement convaincue j’ai acheté le catalogue qui vient rejoindre ma collection.

Mention spéciale pour l’équipe du musée parce que la plupart des panneaux thématiques sont en trois langues : Français, Anglais et Espagnol !

Si vous êtes à Bordeaux courez voir l’expo elle se termine le 30 Mars !

Elle est au Musée d’Aquitaine, plus d’info sur leur site : http://www.musee-aquitaine-bordeaux.fr/

Et si vous n’êtes toujours pas convaincu, une petite vidéo sur l’expo…

et maintenant un peu de mode…

LE LOOK

Outfit of the day

outfit of the day

Je suis partie sur look un peu grunge,je devais être inspirée par les années 90…

Robe = Mango

Veste en jean = Friperie

Bottes = La Halle

Manteau = Andrew Marc

outfit of the day

outfit of the day

A bientôt !

Advertisements

4 responses to “1 expo + 1 look : Mémoires vives, Une histoire de l’Art Aborigène

  1. Pingback: Musée du Quai Branly : Indiens des Plaines / Plains Indians |·

  2. Greetings! Very helpful advice within this article!
    It is the litgtle changes hat ill make the most significaant changes.

    Thanks for sharing!

  3. Pingback: Books, Books, Books |·

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s